ENCRE ET BILE NOIRE.
LA MÉLANCOLIE DANS LA LITTÉRATURE FRANÇAISE DU XIXe SIÈCLE

 Depuis le monde grec, la mélancolie désigne un tempérament humain associé à l’une des quatre humeurs du corps, la bile noire, responsable d’un état d’abattement physique et moral, voire de dépression ; mais ce tempérament est aussi considéré comme propre aux individus marqués par la grandeur, par une forme d’héroïsme, par un caractère exceptionnel. Cette ambivalence fondamentale fait de la mélancolie une puissante source de création, comme le montrent l’histoire de l’art et de la littérature, et de l’être mélancolique le modèle même de l’artiste habité par la fureur de la création, capable à la fois de sonder ses faiblesses et d’exprimer son exceptionnalité.

La littérature du XIXe siècle représente de ce point de vue un âge d’or de la mélancolie, qui détermine la posture typique du héros romantique (Chateaubriand) et d’une jeunesse souffrant du mal du siècle (Musset) ; mais qui constitue aussi une thématique liée à une attitude nostalgique (Nerval), à une interrogation sur la fonction de l’artiste (Vigny), à une vision désespérée de la condition humaine (Baudelaire, Huysmans). Dans le cadre de ce cours, la lecture de ces textes fondateurs permettra d’analyser les nouvelles conceptions de la mélancolie au XIXe siècle, avec quelques ouvertures sur les arts visuels.